Accords et paroles Cauchemar psychomoteur Hugues Aufray

Cauchemar psychomoteur

Hugues Aufray

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 Comme j'avais beaucoup marché J'étais fatigué
 Je vois une espèce de ferme je me dis : je vais m'arrêter.
 J'ai fait : Hey ! Hey là-dedans ! Y a-t-il quelqu'un de vivant
 Je me sentais vraiment seul devant la maison
 Quand soudain devant moi un grand gaillard de fermier
 Vient me braquer son canon à la hauteur du menton.
 Je tombais sur les genoux en criant : Mais vous êtes fou
 Moi j'aime bien les fermiers ne me tuez pas s'il vous plaît.
 Il s'en est fallu d'un rien qu'il ne me tire comme un lapin :
 C'est vous l'espèce de vagabond qui vient pour mendier.
 J'ai fait : non non non je ne suis pas ce que vous croyez
 En droit je suis licencié j'ai fait l'université.
 Alors arriva la fille qui s'appelait Rita
 Elle semblait tout droit sortir de la Dolce Vita
 Je me suis mis en devoir de l'amadouer comme son père
 Je lui ai dit : la jolie ferme que vous avez là.
 Dites-moi qu'est-ce qu'un étudiant connaît à l'agriculture
 J'ai répondu : brave gens je suis un puits de culture.
 En voyant mes ongles sales il sut que je travaillais
 Il me dit d'un air futé : vous avez l'air fatigué.
 Oh oui j'ai fait huit cents bornes et j'en ai vraiment plein le dos.
 Il me jeta sur la paille avec les bestiaux.
 Tâchez de rester tranquille ou sinon moi je me fâche
 Ne touchez pas à ma fille et demain faut traire les vaches.
 Je ne dormais que d'un oeil quand Rita vint me secouer
 Elle me faisait de l'oeil comme Tony Perkins
 Elle me dit : viens prendre une douche je vais te montrer où c'est.
 J'ai répondu : hey ! Hey ! Hey ! Ce coup-là on me l'a déjà fait.
 J'essayais de me défiler je ne savais plus trop comment
 Et Rita insistait vraiment très très gentiment.
 Je ne pouvais plus m'en tirer j'avais l'air d'un lâche
 J'aurais pas dû accepter demain d'aller traire les vaches.
 Pour sortir de cette histoire fallait trouver un moyen
 J'ai dit : Vive Fidel Castro c'est un bon copain.
 Rita parut suffoquée j'ai cru que c'était gagné
 Quand le fermier soudain surgit en hurlant : qu'est-ce que t'as dit ?
 J'ai dit : vive Fidel Castro vous m'avez compris
 Il me tomba sur le dos à bras raccourcis
 Rita parla de sa mère qui dormait au cimetière
 Tandis que le vieux me flanquait un coup dans le buffet.
 En enfer je t'expédie si tu ne t'en vas pas tout de suite
 Espèce d'étudiant pourri espèce de rat communiste.
 Il me jeta à la tête un paquet de Reader's Digest
 Moi je fis une pirouette le vieux prit son escopette
 Je passai par la fenêtre à cent quatre-vingt à l'heure
 Et j'atterris en tempête dans un pot de fleurs
 Revenez criait Rita le père chargeait son engin
 Quand le soleil se leva moi j'étais déjà très loin.
 Même si Rita est partie je ne reviendrai pas de sitôt
 Chez ce vieux fermier maudit car j'ai trouvé un boulot
 Mais la sacrée vieille canaille espère bien me faire cueillir
 Un jour par son F.B.I. mais il peut courir.
 Je continue à penser hors envers et contre tout
 Sans liberté de parler on est moins que rien du tout.

Cauchemar psychomoteur

Hugues Aufray

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